Interview de Philippe CHASSEMON, Président de l’ISFAC, sur le projet de loi : Le droit à l’erreur

CPME 79 : Selon le communiqué de presse de la CPME, le droit à l’erreur c’est un « Etat au service d’une société de confiance », qu’en pensez-vous ?

Il est bon que l’Etat reconnaisse l’erreur dès que celle-ci n’est pas intentionnelle. Toutefois, il ne faut pas que cela nous pousse à faire des fautes si nous avons un état indulgent.

Reconnaître notre bonne foi est une bonne chose. Le principe de dire : Nul n’est censé ignorer la loi, n’est plus d’actualité dans un environnement devenu trop complexe.
L’Etat doit être en effet, au service des entreprises et des ménages.
L’esprit est intéressant, mais j’en attends l’application.
Prenons l’exemple de la simplification dont on parle tant ; J’ai le sentiment que l’on complique la vie des entreprises pour simplifier celle des administrations.
Pensez-vous que cette mesure simplifierait vos démarches administratives en qualité de chef d’entreprise ?

Si je crois avoir compris, les agents d’état seront formés pour avoir une approche différente pour se mettre au service des ménages et entreprises. Le politique est souvent animé d’une bonne intention mais dès qu’il a le dos tourné, les fonctionnaires reprennent le pouvoir.
Comme je le revendique depuis des années chaque entreprise, pour quelque problématique que ce soit, ait dans l’administration concernée un interlocuteur unique avec un portable.

Depuis deux ans Pôle emploi a dédié une équipe de chargés de recrutement auprès des TPE-PME. Chaque TPE-PME devrait avoir son référent à Pôle emploi.
Je souhaiterai que les TPE-PME, pour tout aide économique de la région, puissent avoir également un interlocuteur unique.
En quoi ce « droit à l’erreur » changera votre relation avec les administrations ?

Dans mon activité, mes fournisseurs sont de vrais partenaires
Je dois reconnaître que l’administration fiscale a considérablement évolué et que l’on peut dialoguer normalement avec celle-ci sans qu’elle ait un à priori négatif sur les chefs d’entreprises.
Alors je ne vois pas pourquoi les autres administrations n’auraient pas la même attitude.
La mise en place de ce « droit à l’erreur » est-ce vraiment une révolution administrative ?

Ces mesures vont dans le bon sens et favoriseront la confiance entre l’Etat, les ménages et les entreprises.
Je fais un rêve : « que l’Etat devienne le partenaire de l’entreprise ».

Merci à Philippe Chassemon, Président de l’ISFAC et d’IDAIC, pour ce retour sur le projet de loi du "droit à l’erreur".
L’ISFAC est un organisme de formation sur Poitiers, Angoulême, Niort et La Rochelle